Quelques traces, comme se structure ma mémoire. Une mémoire trouée qui se réhydrate et intervertit l’ordre des évènements. Elle est déjà métamorphose. Il n’y a jamais de trace de tout. D’ailleurs les traces feront toujours défaut. Elles seront toujours de trop. Il existe un jeu subtil et douloureux entre l’absence de trace et le trop de traces. Je relève l’effondrement de l’escalier et l’élaboration d’une ligne ascendante. Je m’interroge sur la méthode de démolition de cet escalier. N’y a t il pas dans cette idée de démolition une contradiction stimulante pour penser les espaces que nous traversons ? 

Cependant chacune de ces actions eut en amont un rêve. Un rêve plein, vivace, ingouvernable. 

Il y eut aussi une lecture « Le spectateur émancipé » de Jacques Rancière, car il fallait bien jouer avec la distance entre le spectateur (l’absence de spectateur) et le choix de l’action (l’absence d’action). 

Et puis, un texte que Jean-Marie Champion me donna à lire « Le Jeûneur » de Franz Kafka qui déclencha un jeu d’actions et de réactions. A partir d’un endroit, tout irait se rétrécissant ; tout irait se démesurant ; tout irait s’élargissant, offrant une soudaine vacuité mêlée à la désolation quotidienne. Des paysages offrent alors la vastitude nécessaire, celle pour la survie. 

Je fus habitée par cette phrase de Guy Debord que je connais si peu : « Ne travaillez jamais », renouvelant sans cesse mon questionnement, mais pourquoi n’a-t-il pas dit : « Ne travaillons jamais » ? 


Photographies de : José Velasco , Dulce Trejo, Manuel Perez Rios, , Sofi Hémon, André Avril.

Lieux traversés : Périgueux – France ; Oaxaca, Capulalpam – Mexique ; Brno - République thèque ; Paris – France.

Remerciements particuliers à : Dulce Trejo, Adhelfho Meth, José Velasco et le Musée MACO de Oaxaca au Mexique.

 

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